21 avril 2013

Promenade au bord de...

la plage , la berge, la montagne, le chemin ...

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L'été dernier, j'avais dessiné le premier : le carnet ill.

L'idée a fait son chemin, la forme a légèrement changée.

Aujourd'hui, en cours de réalisation trois dessins-carnets-panoramiques toujours réalisés au feutre

sur un format de 2 mètres de long ...

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08 avril 2013

Histoires naturelles et natures mortes

Ma participation à un projet de dessin et d'écriture autour du thème: Cinq jours de la vie d'une plante.

Cette idée est menée par la dynamique micro-maison d'édition Pisse au Vent, qui sera présente

au salon Comic Invasion Festival de Berlin.

 

La disparition des pruniers

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Je me suis levée un matin, les pruniers avaient disparu, ils les avaient arrachés. Quand avaient-ils effectué leur massacre. Les larmes me vinrent aux yeux. La colline paraissait bien nue et pauvre sans ses arbres. Le terrain avait été comme aplati, il avait perdu ses nuances, ses rondeurs. Je me pressais d'enfiler mes bottes pour franchir les quelques mètres pentus. D'en haut, la vue n'avait pas changé, le miroir déformant n'opérait que dans un sens. Mais ici, de l'autre coté, le terrain était un champ de bataille meurtri, perdu, ensanglanté. Quelques souches jonchaient encore le sol. J'éprouvais un fort sentiment d'impuissance face à la destruction d'un tel endroit pour des raisons économiques. L'aspérité des troncs, la régularité de la plantation, l'odeur des pruniers allaient me manquer. Malgré cela, je le savais, au fil des années j'allais les oublier, les saisons s'enchaineraient, le souvenir des arbres s'estomperait.

 

 

L'homme et l'Animal

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Oreilles courtes et droites, queue en panache, pelage noir et blanc, poil soyeux, tatoué et vacciné

L'Homme lut ces quelques mots dans le journal du matin. Il pensait qu'un animal lui apporterait une compagnie et atténuerait sa solitude. Il avait passé un coup de téléphone, l'après-midi même il effectua les quarante kilomètres qui le séparait des propriétaires. L'Homme s'était de suite pris d'affection pour l'animal. L'humain était franc, taciturne et peu bavard. La bête était vive, agile et joueuse. Un soir de février malgré le rallongement progressif des journées, la nuit tomba vite, l'Homme recula, comme il en avait l'habitude, le tracteur sous la grange, il ne remarqua pas le chien s'approcher trop près des roues. Il entendit un bref aboiement tel une plainte sourde et rapide. L'animal était mort sur le coup, une tâche rouge s'étendit progressivement sur le pelage doux et soyeux de sa tête. Puis, une flaque se répandit sur le sol en béton. L'homme ressentit une immense tristesse mais surtout une intense culpabilité. «Par ma faute» voilà les mots qui lui venaient à l'esprit. Ces mêmes mots qu'il avait ressentis à la mort de sa femme. Ce soir là, il se mit à pleurer seul abondamment et longuement. Ce fut la première et la dernière fois de sa vie.

 

Les larmes des tulipes

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Son intérieur était petit mais chaleureux et agréable. Elle veillait à ce qu'il soit toujours propre et accueillant. Elle avait peu d'argent mais on ne pouvait le deviner à son appartement. Tous les dix jours, elle ramassait au bord des champs, le long des routes ou des chemins: des fleurs sauvages. Suivant les saisons, elle trouvait pâquerette, pissenlit, violette, véronique, crocus, gui, bleuet ou lamier. Elle composait alors couleurs et formes qui lui donneraient chaleur et lumière pendant les prochains jours. De temps en temps, elle se permettait un écart, elle allait au magasin s'acheter un bouquet de fleur uni et non composé (car elle n'aimait point les compositions artificielles de sa fleuriste.) Ce lundi là, elle s'acheta des tulipes jaunes rehaussées de rouge. Elles étaient fraîches, pas encore écloses. Elle les déposa sur sa petite table en métal ronde dans la cuisine pas très loin de la fenêtre, je déjeunerai avec elles tous les matins, se dit-elle. Le lendemain, elle remarqua que les fleurs rougissaient légèrement. Elle eut l'impression que le rouge avait pris beaucoup d'ampleur sur les pétales. Le deuxième matin, la bigarrure des fleurs avait disparu, elles étaient maintenant monochrome. Elle n'avait encore jamais vu cela. Le troisième matin, elle se dépêcha d'aller voir ses tulipes. Le rouge vermillon avait pris une couleur foncée, une couleur rouge sang. Le lendemain, les tulipes étaient toujours fermées et recroquevillées, de fines larmes rouges coulaient doucement en suivant la galbe des pétales avant de descendre sur les tiges vertes. Les tulipes pleuraient. Elles pleuraient des larmes de sang.

 

Les carpes Koï

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Le lac de J. était son refuge. La parcelle de terre était située au beau milieu de terres cultivables, à l'orée d'un bois, en contrebas d'une route communale. L'étendue d'eau trônait au milieu du terrain. Elle était sombre, d'une couleur vert bouteille. Tout autour de nombreuses variétés d'arbres ornées le plan d'eau. J. y avait introduit des carpes Koï, il s'était passionné pour cette variété de poisson. Il en avait des blanches avec une unique tâche rouge, des jaunes-oranges et grises, des bleus nuits et des oranges avec des fines tâches noires. Les carpes Koï étaient végétariennes et pacifiques. Elles évoluaient au fond du lac vaseux trouvant ainsi de la nourriture, mais elles étaient également accoutumées au bout de pain qu'il leur apportait quotidiennement. La force, la simplicité et la puissance des arbres, de l'eau et des poissons apaisaient J. tel une horloge indéréglable. Personne ne venait troubler la tranquillité de l'endroit. Cependant un matin fin avril, J. découvrit à la surface de l'eau, la quasi totalité de ses carpes Koï mortes, flottantes tel des petits icebergs à la dérive. Elles avaient l'air paisible. J. remarque qu'un bout de papier avait été épinglé sur le tronc d'un châtaignier. L'inscription affichait «Ici, On n’aime pas les nippons.»

 

Feu et Vent

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La vieille Sylvia les entendait toujours venir. Elle le sentait dans son corps, dans l'air, dans le vent. Ses articulations se coincées, ses jambes étaient lourdes et ses cheveux devenaient secs. La position des nuages par rapport aux montagnes évoluait brusquement, la force du vent s'intensifiait, les animaux commençaient à brailler. Elle avait conscience que les plus jeunes enfants et les bêtes étaient aussi sensibles qu'elle à leur arrivée. Ce soir de juillet, la vielle savait qu'il serait terrible car il serait accompagné. Il serait suivi de la foudre. Il démarra tôt dans la soirée, une étrange luminosité orange régnée dans le ciel. Les oiseaux ne chantaient plus, le temps était comme suspendu dans l'attente du pire, d'une correction, d'une gifle qu'ils allaient recevoir. Il fut terrible, sec, déchirant ciel, arbre et végétation. Un couple de promeneurs fut pris dans ses griffes. L'homme est mort sur le coup. La femme, elle, inconsciente fut retrouvée nue et paralysée sur le sol. La vielle Sylvia, en découvrant cette dernière la serra fort dans ses bras avant d'appeler les secours, elle savait qu'il n'y avait plus rien à faire. L’orage avait gagné. Il perdait rarement.

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01 avril 2013

Imagerie populaire

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Lettre à une amie anglaise

 

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-D'où vient cette girafe ?! s'exclama la femme.

-D'Épinal, affirma le colporteur.

-Impossible, répondit-elle, elle vient surement d'un pays très exotique.

-Détrompez vous ma chère Madame, Épinal dans les Vosges est une ville très surprenante.

Je vous embrasse bien fort.

 Virginie, la girafe, la femme et le colporteur

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