Au commencement, il y avait l'alpha. La terre de nos ancêtres, le continent africain, le passé avec la peur, l'oppression et la guerre.

L'Oméga, c'était la terre promise, la terre d'accueil, l'espoir de liberté, le sol italien, l'Europe avec un grand E. Dans mes rêves, la Méditerranée était tel un fleuve paisible et calme peuplé de sirènes, de trésors enfouies et d'espérance. Dans mes pires cauchemars, il s'agissait de la traversée du Nil peuplée de crocodiles et autres créatures aquatiques.

Je ne savais pas nager, mais Moïse n'ont plus m'avait-on enseigné. Je croyais en Dieu, je faisais confiance au Destin, à ma bonne étoile. J'étais un doux rêveur dès mon plus bel âge, sur les six personnes de ma fratrie, j'étais le seul à avoir survécu à l'épidémie et à la guerre. La rêverie préserve l'âme et le corps me semble t-il. 

Je poserais les pieds sur le sol européen. Je comptais honorer ma parole.