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Blog/ Virginie Bergeret
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Blog/ Virginie Bergeret
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4 octobre 2013

Exposition Allers/Retours

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Pour ceux qui n'ont pas pu venir à l'exposition à Metz, pour ceux qui habite dans le sud ouest, pour

les curieux ou les voyageurs... Venez nombreux à mon exposition "Allers/retours" qui aura lieu à la galerie

Type 22 au 30 rue Tran à Pau du 23 au 31 octobre. Le vernissage à lieu le mercredi 23 à partir de 18H30.

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1 avril 2013

Lettre à une amie anglaise

 

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-D'où vient cette girafe ?! s'exclama la femme.

-D'Épinal, affirma le colporteur.

-Impossible, répondit-elle, elle vient surement d'un pays très exotique.

-Détrompez vous ma chère Madame, Épinal dans les Vosges est une ville très surprenante.

Je vous embrasse bien fort.

 Virginie, la girafe, la femme et le colporteur

6 septembre 2013

Partie 1: Verdoyant

Des vacances ponctuées par des séances carnet-dessins. Parfois lourd à porter durant les randonnées, parfois difficile de s'isoler pour s'octroyer cette parenthèse dessinée, mais la sensation est belle de capturer l'instant présent, de (re)trouver le geste, de se plonger dans la couleur. Des grands espaces à perte de vues, des nuances de verts à l'infinis...

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2 février 2013

Derrière les peintures se cachent les photos

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Je ne cesse de les regarder, les observer, les détailler. Je les connais par coeur et pourtant je les trouve toujours aussi belles. Le bonheur apparent qu'elles dégagent. Réalité déformée, bonheur posé, différence entre le numérique aujourd'hui et l'argentique . Tels des tableaux, je vois des masses, des lignes de force, des matières, des nuances. Le noir libère et me donne la possibilité de les interpréter, d'y poser mes couleurs.

Après les images, le texte. Entre fiction et réalité, tel une fable, une histoire d'antan j'écris, je déforme, j'assemble et je brode des paroles glanées, écoutées ou imaginées. Le coeur du récit c'est la Famille,inépuisable source de narration: les liens fraternels, maternels et filiaux.

Presque toutes les photographies proviennent des albums de famille de mes grands parents. Seules deux proviennent de sources extérieures, l'avant dernière a été acheté au marché aux puces à la Meinau à Strasbourg (elle provient d'une ancienne famille de Neudorf), la dernière appartient à la galerie la Conserverie à Metz.

J'affectionne ses photographies parce qu'elles parlent de gens que j'aime et que je connais mais je m'intéresse aussi aux photos des autres car elles racontent des histoires oubliées, des moments déchus. Elles sont comme des films muets où l'on peut se permettre d'ajouter les paroles...

23 avril 2015

Le jour où la pluie était étincelante

C'était un jour de douce pluie, une eau si fine presque invisible. La lumière était intense, des percées de jour traversaient le pare-brise inondant de clarté le chemin d'Annie. Elle roulait lentement se laissant bercer par la route qu'elle connaissait si bien. Ce trajet était une parenthèse, un apaisement, une inspiration dans sa journée. Elle décida de prolonger l'instant en prenant l'itinéraire de la petite route, celle de la corniche qui longe l'Océan. Elle se situait à la frontière entre la terre et la mer.

 A sa droite, des champs d'herbes et de fleurs sauvages d'un vert éclatant, flamboyant presque phosphorescent couvraient la surface du sol. Autour, quelques taches noires ailées observaient amarrées à des piquets. Au loin, les arbres effectuaient une danse sensuelle sensé séduire le tonnerre. De ci, de là, des fourrés épineux restaient immuables comme des blocs monolithiques.

 A sa gauche, se déployait l'Océan, un lit d'écume vaporeux et hypnotique. Les vagues approchaient les rochers avec effronterie, elles ne semblaient pas effrayées par le bord tranchant, ni par la peau rugueuse des cailloux. Elles étaient plus douces avec le sable, comme si il s'agissait de jeunes enfants, elles venaient les caresser et les recouvrir avec tendresse.

Annie décida de se garer pour profiter du spectacle. Elle resta emmitouflé dans sa carapace de taule et de ferraille, insensible, au froid et au vent. Le ventre de l'Océan, poumon gonflé d'air continuaient d'effectuer sa respiration, aspirant, expirant à intervalles réguliers. Rien ni personne ne pouvait arrêter cette force vitale. Au loin, à l'Ouest un bout de terre était à peine perceptible, un mirage, il était à la fois réel et irréelle. Autour, l'eau et le ciel formait un ensemble monochrome. La pluie s'intensifia soudain, le soleil ne déclina pas, au contraire il redoubla d'effort comme par élan de solidarité. A cet instant, les gouttes épaissirent, elles se mirent à se parer de leurs plus beaux diamants. Elles scintillaient, elle dansaient, la pluie miroitait tel de l'or. Un trésor éphémère apparaissait devant son regard. Il s'agissait probablement de l’oeuvre d'un djinn céleste mettant à l'honneur la poésie du réel. Annie écarquilla les yeux, elle était une enfant devant un spectacle de magie. Consciente du cadeau que lui offrait la nature, elle ne voulait pas en perdre une seule miette. Le bouquet final débuta, le soleil déclina lentement en s'empourprant d'une lueur orangé presque rouge. La pluie diminua prémisse de la fin imminente. Les étoiles de pluie cessèrent de briller, le bord de mer revêtit son habit ordinaire. Le spectacle s'acheva aussi rapidement qu'il avait débuté.

 Elle salua avec ferveur ce paysage puissant et beau. Elle reprit sa route, les pensées et le coeur emplies de sérénité et de plénitude que le paysage lui avait donné.

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23 avril 2015

Ecrire

Depuis septembre à travers l'atelier d'écriture, j'ai commencé à rédiger une série de courts textes. Ils abordent la question de la filiation, du rapport à la famille ainsi que du paysage et de l'environnement.Trois personnages centraux, trois générations différentes, trois lieux : une ville au bord du littoral, une maison familiale dans un environnement rural, un ailleurs lointain. Le projet est en construction, la forme final reste à définir...

24 mars 2011

Le vase, la baignoire, la piscine, la pluie et l'Océan Atlantique

Jean-Michel aime depuis presque toujours faire du footing au petit matin sur la plage pour sentir l'odeur de l'Océan Atlantique.

Jean Michel aime pudiquement Martha.

Martha aime depuis l'adolescence lire de la poésie d'Apollinaire en mangeant de la tarte aux poires lorsqu'il pleut des cordes sur son velux.

Martha aime publiquement et passionnément Louis.

Louis aime depuis six mois boire un verre de bordeaux lorsqu'il prend un bain dans sa baignoire américaine.

Louis aime avec parcimonie et légèreté Martha.

Maryvonne la voisine de Jean-Michel, aime de tout coeur regarder des séries policières dans son canapé rouge à fleurs à coté de son vase rose offert par son mari.

Maryvonne aime depuis vingt cinq ans son fils chérie Jan.

Jan aime depuis des années nager tous les soirs entre six et sept heures dans la piscine municipale surdosée en chlore.

Jan aime secrètement Jean-Michel.

 

Les pluies

Il existe plusieurs sortes de pluie.

La pluie fine, elle paraît inoffensive mais elle vous transperce la nuque et s'imprègne au plus profond de votre peau.

La pluie moyenne, elle est directe franche, elle vous mouille mais vous pouvez la contrer avec un bon manteau et un parapluie. Elle est cependant la pluie la plus déprimante car elle s'accompagne d'un ciel gris et peut durer plusieurs jours.

La forte pluie, elle est violente et foudroyante, elle se déverse sur vous en trombe d'eau. Elle vous glace et vous trempe jusqu'au pied.

Ensuite vient la pluie d'été , elle est grosse et chaude. Elle est plaisante, rassurante et rafraichissante. Elle fait sourire, elle n'inquiète personne car elle est éphémère.

Enfin vient la pluie-neige. Une pluie hybride et excentrique. Une pluie narrative : elle vous promet un futur glacial apaisant et vous chuchote un passé grisâtre inquiétant.

 

Ecoute

Qui a déjà réussi à entendre l'Océan dans un coquillage? Personne, je devrais dire tout le monde.

Pourquoi préférait-il le grondement profond et angoissant des vagues au son stable et rassurant de la piscine?

Y-a-t-il un lien entre le bruit aigu et régulier de la pluie sur le pare-brise de la voiture et le son faible et discret du goute à goutte du robinet en acier de la salle de bain ?

Es ce que l'eau stagnante du vase est une eau morte puisqu'elle ne produit pas de son ?

Pourquoi représenter la sonorité d'un corps plongeant dans l'eau par un simple « PLOUF » ?

30 janvier 2016

Exposition L'Ici et l'Ailleurs

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Une exposition sous le signe de la rencontre et du voyage.... 
Inauguration vendredi 5 février à 18H30, venez nombreux.

10 novembre 2014

A propos de mon travail

Au commencement une satisfaction de fabriquer avec ses mains.

Un besoin de faire et d’inventer.

Une passion pour la couleur, une envie d’écrire.

À travers l’image, je cherche, je fouille, j’expérimente...

L’espace-livre me permet de développer de courts récits.

 

Ma pratique s'articule autour de la peinture et de l'illustration.

Je crée pour les adultes, pour les enfants, pour les curieux.

A travers des albums jeunesses et des livres-objets, je cherche une spontanéité,

une expressivité de la couleur, un équilibre des masses.

Sensible aux mots, je développe un intérêt pour l’écriture.

Mes inspirations et mes influences viennent de voyages d'ailleurs, de souvenirs

d'ici et d’histoires de partout.

29 septembre 2014

Habile Cultivateur

Debout, les pieds enfoncés dans la terre jusqu'aux chevilles. Il se laisse engloutir par la férocité du vent, il est solide et bien planté, comme un chêne. Habile cultivateur, il ne peut s'habituer à cette urbaine comédie. Il ne joue pas, il ne fait pas semblant, il n'est pas bercé d'illusions. Attentivement, il effectue les gestes la tête basse. Éblouissante lumière de midi, il relève les yeux vers la pluie. Éloigné de toute exiguïté contrainte et forcé, il respire à pleins poumons, il force avec tous ses muscles, il souffle de tout son corps. L'heure d'après, sa vision se trouble, il n'y voit plus clair. Le mauvais temps a eu raison de lui. Sa voix tel un soupir énonce une dernière sentence. Il récupère ses outils et débute sa marche dansante jusqu'à l'abri.

15 août 2014

Le Rivage

Elle vivait là depuis presque cinq ans, elle avait vu l'annonce sur internet, elle avait postulé pour ce travail de femme de ménage dans cet hôtel deux étoiles. Il y avait noté: «avec vue sur l'océan». Avec son expérience et son jeune âge, elle reçut une réponse positive quelques jours après. Elle pris un billet simple Mayotte-Paris. Au téléphone, le gérant de l'hôtel lui avait précisé, nous sommes situés juste en face du bar le Rivage. Elle était montée dans le bus Paris-Dunkerque et elle était arrivée lui semble t-il au bord du monde. Elle s'est vite sentie à l'aise, elle s'est habituée au climat, à la lumière, à la façon de parler, de manger et de cuisiner. Son plaisir et son rituel de l'après midi pendant sa pause de 15h à 17H, était de marcher des heures durant sur la plage emmitouflée de la tête jusqu'aux chevilles. Seul ses pieds étaient nus sur le sable froid, dur et mouillé. A cet instant là, elle se sentait simplement vivante. La couleur de sa peau contrastait avec la couleur claire du sable fin. Elle déambulait jusqu'à la jetée qui se situait à deux kilomètres puis elle revenait, parfois elle prenait le bus et elle marchait à la découverte d'autres plages. Avant de reprendre son service, elle allait toujours boire un café au Rivage, elle s'était lié d'amitié avec les gérants. C'est là, qu'elle rencontra son futur mari. 

8 août 2014

Astres et forêt

Au cœur de la forêt, trône la lumière galactique. Maître évasif pose ta question aux Mondes Suspendus, translucides et inodores. La chouette en guise de réponse pousse un cri déchirant. Derrière le fragile séneçon, dans les ronciers une masse fantomatique se déplace avec une furtive délicatesse. La bourrasque purifie les êtres, comme les choses. L'humidité et la fraîcheur sont désormais palpables. Avec le temps, j'apprends à me laisser bercer par les satellites stellaires.

Trop d'astres, trop de rébus, trop d'obscures présences, elle quitta le bosquet. Au bord du chemin, la lune est plus clémente. L'atmosphère est plus sèche, moins fraîche. Une minute ou quelques heures passent. La solide et solitaire obscurité ne veux pas céder. Quelques feuilles de chicorée, une fleur de pissenlit me confirme ma destinée. 

3 août 2014

Couvre-chef

Il l'a porté été comme hiver malgré le tissu rugueux et épais. Elle le protégeait aussi bien du froid que du chaud. C'était une casquette gavroche à la visière courte mais large, le haut du couvre-chef lui était légèrement bouffant surplombé d'un moyen bouton.

«Elle a fait la guerre» disait-il en plaisantant. Elle avait l'âge, tout comme lui elle était vieille et usée de l'intérieur.

Elle paraissait toujours extrêmement assortie à ses tenues, surtout à ses pantalons en velours couleurs automne. Elle était verte kaki à large carreaux, de ce fait elle était aussi idéale pour aller à la chasse.

Un jour, je trouvais le courage de lui poser la question qui me tourmentait l'esprit.

«-La nuit est-ce-qu'elle dort ta casquette?

-Oui bien sûr, m'avait il répondu, mais l'embêtant c'est qu'elle ronfle et ronronne. C'est pour cela que je l'enferme toujours dans mon tiroir.»

29 juillet 2014

La traversée du Nil

Au commencement, il y avait l'alpha. La terre de nos ancêtres, le continent africain, le passé avec la peur, l'oppression et la guerre.

L'Oméga, c'était la terre promise, la terre d'accueil, l'espoir de liberté, le sol italien, l'Europe avec un grand E. Dans mes rêves, la Méditerranée était tel un fleuve paisible et calme peuplé de sirènes, de trésors enfouies et d'espérance. Dans mes pires cauchemars, il s'agissait de la traversée du Nil peuplée de crocodiles et autres créatures aquatiques.

Je ne savais pas nager, mais Moïse n'ont plus m'avait-on enseigné. Je croyais en Dieu, je faisais confiance au Destin, à ma bonne étoile. J'étais un doux rêveur dès mon plus bel âge, sur les six personnes de ma fratrie, j'étais le seul à avoir survécu à l'épidémie et à la guerre. La rêverie préserve l'âme et le corps me semble t-il. 

Je poserais les pieds sur le sol européen. Je comptais honorer ma parole.

23 juillet 2014

Abécédaire

T comme tache d'encre

Une petite masse noire aux contours poétiques et irréguliers. Un minuscule lac à l'encre stagnante gorgé de mots et de force. Un puits qui engloutit sans pouvoir révéler. Une tâche d'espoir et de désespoir. Une tâche d'effusion, de labeur et de sueur.

S comme signe

Une ligne qui fait signe tracé par la main elle fait sens et figure. Un signe telle une promesse, un présage, une réponse. Un noir sur blanc tracé sur le papier à tout jamais.

E comme écrire

Écrire pour le plaisir, pour signifier, chercher le mot juste et adéquat, le son mélodieux, écrire sans savoir sa destination. Écrire en cherchant, fouillant, bafouant... Écrire sans repères si ce n'est celui de la page blanche.

M comme marge

La marge d'un cahier tel un univers des possibles, un espace de liberté. À la frontière du signifiant, n'est ce pas-là ou tout s'explique, se décante, se déploie? Une barrière franchissable qui inspire.

R comme rature

Son son est aussi rapide et rude qu'une écorchure. Tel un chiffre venant bafouer les mots, elle permet non pas d'oublier mais de mettre de côté pour mieux avancer, progresser sans regretter. Un coup d'épée non mortel.

L comme ligne

Avec élégance mais force, elle ouvre le chemin, une voix possible dans l'univers de la page blanche. Un signe horizontal telle une lumière dans la profonde pénombre, une béquille sur laquelle on peux se reposer. Un signe qui nous guide.

C comme construire

Construire un texte pour donner à voir, à lire, à entendre. Architecturer des idées, élaborer des plans pour signifier, démontrer, expliquer. Construire avec l'écrit.

 

20 juillet 2014

L'homme pierre

Il était né en février 1945, sous le nom de Johannes, durant un des hivers les plus rigoureux de Norvège, sa mère lui racontait toujours que la lumière blanche et éclatante n'avait pas pointé le bout de son nez depuis plusieurs jours, et que le thermomètre indiquait une température bien en dessous de zéro. Mais, il fût une belle récompense affirmait – elle. Un grand et beau fils après cette longue fratrie de fille. Il était né avec une grande tache dans le dos, une tache de vin allant du bas de son bassin à côté de sa fesse droite jusqu'en haut de son épaule gauche. Elle s'était élargi avec les années tout comme lui. Cela bien sûr, ses grandes soeurs ne l'avaient jamais vu, il avait toujours pris garde de ne jamais ôter sa chemise devant elles. Il avait peur de leurs railleries. Il eut le privilège d'être le fils aimé de sa mère mais il n'eut pas celui de partager la complicité que paraissaient partager ses soeurs. Seules la cadette, lui montrait de l'affection. C'est ainsi qu'il passa son enfance entouré tout en se sentant seul. En tant que garçon, il eut le droit de faire des études d'abord au collège puis au lycée d'Oslo. Il fut ensuite admis à l'école portuaire de Bergen. Il n'avait pas particulièrement l'âme d'un marin mais sa carrure était un atout dans le milieu maritime. Après ses études, on lui proposa un poste de contremaître au port de Stravanger au Sud du pays. Il passait ses journées à vérifier les cargaisons, déplacer les marchandises, comptabiliser les départs et les arrivées. Un matin une importante livraison provenant d'Allemagne devait arriver de gros blocs de granit qui devait servir à la reconstruction d'un temple protestant. Il supervisa scrupuleusement comme il en avait l'habitude le déplacement des géants blancs. Soudain au milieu de l'agitation des grues, des camions, des bateaux, du bruit quotidien et du froid, Johannes stoppa sa marche et se mit à contempler une de ses pierres. Elle était insondable, brute, parsemé d'aspérité, avec deux immenses veines, elle arborait des arêtes tranchantes. Sa couleur était d'un blanc mat et profond. Il se surprit à se reconnaître dans cette pierre. Lui, l'homme géant, solitaire et efficace. Il était aussi solide que cette pierre de l'extérieur, mais tout aussi fragile à l'intérieur. Il devait apprendre à prendre soin de lui-même comme il prenait soin de ses cargaisons.

20 juillet 2014

Ecrire

Cette année, comme l'an passé, j'ai suivi les cours d'écriture de France Bonnardel aux Bateliers. L'écriture et la lecture est un passionnant voyage, j'ai la sensation d'être au tout début d'une longue traversée. Cet été, je publierais sur mon blog certains textes écrits durant l'année. Bonne lecture.

12 mars 2014

Si j'étais, je serais...

Si j'étais née en Nouvelle Zélande,

je serais la petit fille de Jane Campion.

Si j'étais Indienne,

je travaillerais pour une ONG sur la protection des droits des femmes.

Si j'étais Finlandaise,

j'élèverais des rennes avec les Samis.

Si j'étais née à la Réunion,

je serais botaniste-chercheuse dans la forêt tropicale.

Si j'étais Africaine,

je serai danseuse professionnelle.

Si j'étais Québécoise,

je serais une baleine pour être craint et respecté à la fois.

21 décembre 2013

L' autre nuit

L'autre nuit, je suis partie, j'ai eu l'envie de ressentir le plaisir de la fuite, du départ.

L'autre nuit, je cherchais un autre moi, un autre soi.

L'autre nuit était un univers des possibles.

Elle était étincelante, scintillante, palpitante.

Les étoiles filaient tel un signe, une approbation, une frénésie crépusculaire du voyage.

Le bus m'attendait, j'y suis monté pour sa lenteur burlesque, son mouvement lancinant.

A travers les vitres, les formes abstraites, obscures et impalpables défilaient.

Mon regard cherchait le moindre signe, à l'affût d'une ritournelle de vie, de présences fantomatiques ou de bêtes sauvages.

Les points lumineux de la ville devenaient de plus en plus microscopiques, ils étaient dés lors une illusion.

Seule la route était palpable, présente, réelle. Les bas-côtés avaient des contours obscurs et infranchissables.

Le mystère était devenu Maître. La lune trônait immuable.

L'autre nuit, dans l'autocar j'étais tel un hiboux migrateur à la fois éberlué et confiant.

Je quittais la ville, j'échappais enfin à ses lumières.

 

17 mars 2013

Raymonde et Gustave Rochet

L'ainée de la famille Annette, au centre, est née durant l'hiver 1935, sa mère Raymonde Rochet

l'a mise au monde avec une extrême facilité alors qu'elle avait à peine 18 ans. Son père Gustave Rochet

était considérablement déçu d'avoir une fille mais il ne le montra point. Il savait désormais que sa femme

était féconde, ils auraient le temps d'avoir de nombreux enfants. La seconde Hélène vint au monde

au printemps 1938, elle montra vite un caractère joyeux et espiègle (et fut incontestablement

la préférée de sa mère.) Le dernier des enfants : un fils fut conçu pendant une courte permission

durant l'été 1943. Le père voyait en cet enfant un heureux présage: la fin proche de la guerre.

Il fut baptisé Daniel, comme son grand-père paternel (mort pendant la première guerre).

La photographie a été prise dans la cour de la maison familiale au tout début de l'année 1945.

Quelques semaines avant l'incident qui se déroula à la fosse à purin.

A la fin de la guerre, Gustave Rochet rentra, miraculeusement, chez lui sans avoir pu serrer

dans ses bras son unique fils. Raymonde Rochet ne s'en remis jamais, Annette s'enfonça dans

sa timidité, seul Hélène avait toujours (en apparence) son éclat de joie dans les yeux et

son humour décapent. Raymonde et Gustave n'eurent plus d'enfant.

 

(Un texte en écho à celui de Doubles Noces, peut être qu'une série pointe le bout de son nez,

affaire à suivre...)

18 octobre 2012

Doubles Noces

Elles étaient nées toutes les deux dans la même famille à dix huit mois d'intervalle, dans la propriété en haut du bosquet juste avant de rejoindre la route départementale. Elles n'étaient pas sœurs. L'une était la tante. L'autre était la nièce. Elles furent élevées comme une fratrie. L'ainée avait un charme particulier, une bouche rieuse, un teint mat et une chevelure bouclée. La seconde avait une beauté plus froide et brutale, mais un profond regard bleu adoucissait ses traits.

La ferme était un grand domaine où le travail ne manquait pas. La famille comptait de nombreux membres, leur complicité était connue aux yeux de tous. Les saisons s'enchaînaient paisiblement, la qualité des récoltes variait d'année en année.

Chaque quinze du mois d'août était célébré un grand festin. Il se déroulait dans la grande cour sous le tilleul. De longues tables étaient dressées, les plus belles bêtes étaient tuées. En toute convivialité, le voisinage et la famille venaient fêter la beauté de l'été. Ce fut lors d'un de ces repas, qu'elles virent leur enfance doucement s'achever.

L'une rencontra M., L'autre rencontra S.

Par soucis d'économie, la décision fut prise de faire un double mariage. Elles n'y voyaient aucun inconvénient. M. aurait voulu plus d'individualité, mais il n'avait pas les moyens financiers de l'imposer.

Les doubles noces furent célébrées en décembre.

Quelques mois après au tout début du printemps, La première donna naissance à un fils. La deuxième ne tarda pas à tomber enceinte. Elles passaient de longues journées à travailler en bavardant d'un heureux avenir pour leur progéniture.

L'une avait l'enfant dans les bras, L'autre portait l'enfant en elle.

Lorsque ce fut le tour de la seconde de mettre au monde son bébé, nous étions la veille exacte de leur anniversaire de mariage. 364 jours après. Dans la chambre bleue à l'étage, L'ainée et le docteur étaient présents pour l'aider. En bas, S. et M. patientaient nerveusement au coin de la cheminée.

Cependant, personne ne put empêcher ce qui arriva.

Le silence était pesant sur le domaine familial. Les bêtes dans la grange avaient cessé leur vacarme. Il fut décidé autour de la grande table en bois que L'une et M. deviendraient Les parents, donnant ainsi la liberté à S. d'un second mariage.

La petite n'en sut jamais rien.

7 décembre 2011

La jeunesse de l'Ombre

Après un an de travail sur ce projet d'album jeunesse, voici enfin la version finale!

(La couleur sur le blog n'est pas fidèle aux originaux.)

Ce projet cherche un éditeur enthousiaste...

Vous pouvez également faire un tour sur mon book (carbonmade) que je viens de mettre à jour.

Bonne journée

Virginie

 

 

22 octobre 2011

Mamie M.

Sous la neige, un jour de décembre, ils m'ont annoncée que mamie M. s' était envolée.

Où est-elle partie, ai-je pensé ? Mais je n'ai rien pu articuler.

Doucement, j'ai repensé à tous les moments qu'on avait partagé...

Un matin, elle m'a transmis son amour pour la cuisine.

Un midi, elle m'a enseignée le dessin.

Une après midi, elle m'a appris à respecter la nature.

Un soir, elle m'a transmis sa croyance des fantômes et des esprits.

Un printemps, elle a partagé ses voyages.

Un été, elle m'a donnée le goût de la lecture.

Un automne, elle m'a initiée au chant.

Un hiver, elle m'a offert ses souvenirs d'enfance.

Maintenant, Mamie M est morte.

Je savais désormais où elle était.

Partie rejoindre tous ceux dont elle m'avait parlée...

Doucement, je lui ai murmuré: Mamie M., Mamie t'aime, Mamie je t'aime

Ma grand mère est une odeur de fleur, elle restera toujours dans mon coeur.

 

23 janvier 2011

Une tête à la mer

Je scrutais l'horizon et la mer lorsqu'une tête est sortie de l'eau à une dizaines de mètre de la plage. J'ai voulu me jeter à l'eau pour la récupérer mais je me suis rendu compte qu'elle nageait dans ma direction. Elle paraissait entièrement calme et sereine. Elle est sortie de l'eau tout doucement. Cette tête n'était que l'extrémité d'un petit corps. Il était maigre et blanc, il grelottait, ses cheveux mouillés tombés vers l'arrière. Ses lèvres étaient bleues mais elle souriait. Je lui ai mis mon manteau sur les épaules pour la sécher et pour ne pas qu'elle ai froid. Aucun mot ne sortait de sa bouche. Elle ne parlait pas avec les lèvres mais avec les yeux. Je l'ai emmenée chez moi. Elle n'est plus repartie. Nous sommes devenues inséparables, même si nous n'avons jamais échangé aucun mot.

7 juillet 2015

Sur le départ

Je pars en résidence artistique à La Soupape Ailée au Burkina Faso avec Anne Laure Garicoix

Voyager, rencontrer, découvrir une autre culture, un autre pays, d'autres personnalités.

Le compte rendu en image à la rentrée de septembre.

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En attendant, bel été à tous.

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